Un feuillage qui vire au jaune du jour au lendemain inquiète à raison, mais chez l’arum, il ne signale pas toujours un problème grave. Un arrosage mal dosé, un sol appauvri, une exposition inadaptée ou de petits parasites expliquent la plupart des cas. Voici comment identifier la cause exacte et y remédier rapidement.
Les causes du jaunissement en un coup d’œil

| Cause | Symptôme | Solution rapide |
| Fin de cycle naturel | Une à deux feuilles anciennes jaunissent | Aucune action, couper une fois le jaunissement complet |
| Excès d’arrosage | Feuillage jaune, racines brunes ou noires | Rempoter dans un substrat drainant |
| Manque d’eau | Feuilles anciennes jaunes puis brunes | Arrosage copieux, puis routine adaptée à la saison |
| Soleil direct trop intense | Taches puis jaunissement progressif | Déplacer à mi-ombre |
| Manque de lumière ou air sec | Décoloration progressive du feuillage | Éclairage abondant sans soleil direct, brumisation |
| Sol appauvri | Croissance ralentie, feuillage pâle | Rempotage, engrais équilibré |
| Excès de calcaire (chlorose) | Jaunissement des feuilles anciennes | Fer chélaté ou feuilles de persil |
| Thrips | Rayures et taches jaunes sur feuilles et spathe | Isoler la plante, traiter au savon noir |
| Araignées rouges | Fines toiles sous les feuilles | Douche à l’eau claire, insecticide adapté |
Un jaunissement localisé est-il normal chez l’arum ?
Si une à deux feuilles jaunissent, surtout parmi les plus anciennes, il s’agit très probablement d’un phénomène naturel. Avant d’entrer en repos, l’arum rapatrie une partie de ses nutriments vers le rhizome, ce qui prive certaines feuilles de leur couleur verte. Ce renouvellement du feuillage se produit chaque année, généralement après la floraison, sans qu’il faille s’alarmer.
Le signal d’alerte apparaît quand le jaunissement touche à la fois des feuilles jeunes et anciennes, en l’espace d’une semaine. Dans ce cas, mieux vaut chercher une cause précise parmi celles détaillées ci-dessous plutôt que d’attendre que la situation s’aggrave.
Un arrosage mal dosé
L’excès d’eau et la pourriture des racines
C’est la cause la plus fréquente de jaunissement chez l’arum. Quand le substrat reste détrempé plusieurs jours d’affilée, des champignons s’installent dans la terre et attaquent les racines. Celles-ci pourrissent, la plante ne parvient plus à se nourrir et le feuillage jaunit avant de se dessécher.
Pour en avoir le cœur net, sortez délicatement votre arum de son pot et examinez les racines. Des racines brunes ou noires, qui cassent facilement sous les doigts, confirment la pourriture. À l’inverse, des racines blanches et souples signalent une plante en bonne santé.
Si le diagnostic est confirmé, rempotez dans un substrat à la fois drainant et fertile, après avoir supprimé toutes les racines abîmées. Assurez-vous que le pot dispose de trous de drainage, qui évacuent l’excès d’eau après chaque arrosage. Espacez ensuite les apports d’eau : la couche supérieure du substrat doit sécher complètement entre deux arrosages. Ce déséquilibre hydrique touche d’ailleurs d’autres plantes du jardin, comme l’olivier dont les feuilles peuvent jaunir aussi.
Le manque d’eau, une cause opposée mais tout aussi fréquente
Un arrosage trop rare a l’effet inverse, mais aboutit au même résultat. Sans eau suffisante, les racines n’arrivent plus à absorber les nutriments présents dans le substrat et l’arum puise alors dans ses réserves pour survivre. Les feuilles les plus anciennes en pâtissent en premier et commencent à jaunir, parfois à brunir.
Un arrosage copieux permet généralement à la plante de retrouver sa couleur en quelques jours. Adoptez ensuite une routine adaptée à la saison : réduisez la fréquence et la quantité d’eau en automne et en hiver, et restez attentif aux besoins de l’arum au printemps et en été, surtout s’il est cultivé en pot. Les sujets en pleine terre ont besoin d’autant d’eau que ceux en pot durant leur première année, avant de pouvoir se débrouiller seuls à partir de la deuxième année, sauf en cas de chaleur excessive.
Une exposition inadaptée
Trop de soleil direct
L’arum apprécie la lumière, mais redoute les rayons directs du soleil, surtout en été quand celui-ci tape fort. Une exposition trop intense brûle la surface des feuilles, qui se couvrent alors de taches avant de jaunir progressivement. Ce phénomène touche particulièrement les plantes installées en plein soleil sur une terrasse ou un balcon exposé plein sud.
Pour éviter ce stress, on privilégie un emplacement à mi-ombre ou légèrement ombragé. Un coin proche d’une fenêtre orientée est ou ouest convient généralement très bien en intérieur, tandis qu’au jardin, une exposition abritée du soleil de l’après-midi suffit à protéger le feuillage.
Manque de lumière et air trop sec

À l’inverse, un endroit trop sombre pousse l’arum à puiser dans ses réserves pour compenser le déficit de photosynthèse, ce qui se traduit aussi par un jaunissement. L’équilibre recherché est donc un éclairage abondant, sans soleil direct.
Dans une pièce où l’air est très sec, le feuillage se déshydrate plus vite que la plante ne peut s’approvisionner en eau, ce qui accélère la décoloration des feuilles. Un hygromètre permet de vérifier le taux d’humidité autour de la plante. Si l’hygrométrie est basse, deux solutions existent : investir dans un humidificateur d’air ou vaporiser régulièrement de l’eau non calcaire à température ambiante sur le feuillage.
Un sol appauvri ou trop calcaire
Un substrat qui manque de nutriments explique aussi le jaunissement du feuillage, un phénomène plus fréquent chez les sujets en pot qu’en pleine terre. Si votre arum vit dans le même contenant depuis plus de deux ans, il est temps de le rempoter : au-delà de ce délai, le substrat s’appauvrit et la plante commence à se sentir à l’étroit. Apportez un fertilisant naturel ou un engrais du commerce adapté aux arums, au printemps et en été uniquement, car la plante peu active en automne et en hiver dépense alors peu d’énergie.
Attention toutefois au choix de l’engrais : un apport trop riche en azote favorise le développement du feuillage au détriment de la floraison. Mieux vaut donc privilégier un engrais équilibré plutôt qu’une formule dopée à l’azote, même si les feuilles semblent réclamer un coup de pouce.
L’excès de calcaire dans le sol constitue une autre cause fréquente, en particulier quand l’eau d’arrosage est elle-même calcaire. En effet, ce dernier bloque l’absorption du fer par les racines et provoque une chlorose1, visible d’abord sur les feuilles les plus anciennes. Pour y remédier, enfoncez trois ou quatre feuilles de persil dans le terreau au pied de la plante : c’est une source de fer assimilable reconnue contre ce type de carence. À défaut, une solution de fer chélaté, disponible dans le commerce, produit le même effet.
Des parasites en cause
Les thrips comptent parmi les principales menaces de l’arum. Ces petits insectes suceurs transmettent un virus qui provoque des rayures et des taches jaunes sur les feuilles et sur la spathe2, parfois accompagnées d’une malformation du feuillage.
Les araignées rouges (Tetranychus urticae) produisent des dégâts similaires et affaiblissent la plante de la même manière. Malgré leur nom, ce ne sont pas de véritables araignées mais de minuscules acariens suceurs de sève, à peine visibles à l’œil nu, qui se développent surtout par temps chaud et sec.
Pour confirmer leur présence, inspectez le dessous des feuilles à la recherche de fines toiles semblables à des fils de soie, signe caractéristique d’une infestation d’araignées rouges. En grand nombre, ces parasites consomment une quantité importante de sève, ce qui prive les feuilles des éléments nécessaires à leur coloration verte.
Isolez d’abord la plante infestée pour éviter que les parasites ne gagnent le reste de vos plantes. Douchez ensuite le feuillage à l’eau claire, puis appliquez un insecticide adapté ou une préparation naturelle à base de savon noir dilué. Renouvelez le traitement au bout d’une semaine si les insectes n’ont pas entièrement disparu. Certaines plantes comme la lavande ou la tanaisie limitent aussi les infestations en repoussant naturellement ces nuisibles.
Les erreurs à éviter
Certains gestes anodins en apparence aggravent le jaunissement de l’arum sans qu’on fasse toujours le lien.
- Fertiliser aussitôt après un rempotage. Le nouveau terreau est déjà riche et un apport d’engrais supplémentaire stresse une plante qui doit d’abord se remettre du choc de la transplantation.
- Déplacer brutalement l’arum vers un emplacement nettement plus chaud. Un changement de température trop rapide perturbe la plante, même si l’intention de départ est de lui faire du bien.
- Exposer la plante à des courants d’air froids ou à une température inférieure à 10 °C. Ce stress thermique accélère la décoloration du feuillage, en particulier chez les sujets cultivés en intérieur.
- Laisser l’eau stagner dans la soucoupe après l’arrosage. Même avec un pot bien drainé, une soucoupe jamais vidée entretient une humidité constante au niveau du rhizome, ce qui a tendance à provoquer son pourrissement.
Ce type de déséquilibre par excès d’humidité ou de froid n’est pas propre à l’arum : un problème comparable touche la fleur du guzmania.
FAQ
Cela dépend de la cause. Si le jaunissement correspond au cycle naturel de la plante, mieux vaut attendre qu’il soit complet avant de couper : la feuille finit de transférer ses réserves vers le rhizome. En revanche, si le jaunissement accompagne une pourriture ou une infestation de parasites, retirez la feuille sans attendre pour limiter la propagation aux parties saines.
L’eau de pluie est la meilleure option, car elle est naturellement douce. À défaut, laissez reposer l’eau du robinet 24 heures dans un arrosoir ouvert avant de l’utiliser : le chlore s’évapore et une partie du calcaire se dépose au fond. Cette précaution limite les risques de chlorose évoqués plus haut, surtout dans les régions où l’eau du robinet est très calcaire.
Un jaunissement naturel de fin de saison n’a aucun impact sur la floraison : il fait partie du cycle normal de reconstitution du rhizome. En revanche, un jaunissement causé par un excès d’eau prolongé, une carence non traitée ou une infestation importante affaiblit durablement la plante, et la floraison de l’année suivante peut en pâtir.
Tout dépend de l’état du rhizome. Sortez-le délicatement de terre et palpez-le : s’il reste ferme au toucher, la plante peut généralement repartir une fois la cause corrigée. S’il est mou, spongieux ou dégage une odeur désagréable, la pourriture a probablement gagné le cœur du rhizome et les chances de sauver la plante sont faibles.
Notes de bas de page :

