Installer un poêle à bois soi-même est une solution économique qui permet d’équiper son logement d’un système de chauffage écologique. Cependant, même si l’idée paraît intéressante, l’installation exige une préparation minutieuse et le respect strict des normes de sécurité en vigueur.
Les préparatifs avant l’installation
Opter pour le bon poêle
Le choix du poêle est une étape capitale qui doit prendre en compte non seulement vos besoins, mais aussi les caractéristiques de l’appareil ainsi que la superficie de la pièce à chauffer. Un poêle avec un rendement de 70 % à 80 % peut s’adapter par exemple à un salon de taille moyenne. Les modèles en fonte sont généralement robustes et capables de chauffer une pièce pendant plusieurs heures. Par contre, pour les petits espaces, un poêle en acier peut convenir.
Pour que vous ayez un ordre de grandeur, il faut une puissance de 1 kW pour chauffer une surface de 10 m² dans une habitation ayant une hauteur de plafond de 2,50 mètres environ. Cette valeur va varier en fonction du niveau d’isolation de la maison et de la région. Ainsi, pour un logement neuf basse consommation, 1 kW peut suffire pour chauffer 20 m².
Choisir l’emplacement idéal
L’endroit où doit être disposé le poêle à bois doit être soigneusement choisi. Il est essentiel que l’appareil soit placé le plus au centre de l’espace à chauffer. Le sol doit être suffisamment résistant pour supporter son poids et celui des conduits. Il est conseillé d’opter pour une surface non inflammable. De plus, le poêle à bois doit se situer à une distance d’au moins 1 m des meubles et d’au moins 30 cm des murs.
Prévoir les outils et matériaux nécessaires
Pour installer vous-même un poêle à bois avec son conduit, vous aurez besoin de plusieurs instruments et matériaux tels que : des colliers de fixation, des conduits de fumée, des joints résistant à la chaleur, une scie, une perceuse et des gants de protection.
Les étapes pour installer un poêle à bois soi-même

Aménager l’espace
Avant l’installation proprement dite, commencez par protéger le sol en posant une plaque en acier ou en verre trempé sous le poêle. Cette précaution vous permet d’éviter tout risque d’incendie en cas de chute de braise. Vous pouvez également équiper le mur derrière l’appareil d’un écran thermique pour le protéger contre la surchauffe.
Installer le conduit de fumée
Si votre maison dispose déjà de conduit pour évacuer les fumées, vous n’aurez qu’à y raccorder directement le conduit. Dans le cas contraire, vous devrez installer un conduit d’évacuation jusqu’au toit. Pour cela, il vous faudra percer le plafond pour créer une sortie et faire passer le conduit. Utilisez des colliers de fixation pour maintenir le conduit bien en place. Vous devez veiller à isoler les parties traversées par le conduit avec des matériaux ignifuges tels que la laine de roche, le béton cellulaire ou des plaques de silicate de calcium1. Il est également crucial de placer le conduit de sorte qu’il atteigne une hauteur suffisante au-dessus du toit. Cela permet un bon tirage et évite tout refoulement des fumées.
Raccorder le poêle
La dernière étape consiste à raccorder le poêle à bois au conduit de fumée à l’aide de joints. Ceux-ci doivent être bien étanches afin d’éviter les fuites de fumées toxiques.
Réglementation et normes en matière d’auto-installation de poêle à bois et son conduit
Tout comme la rénovation d’une maison ancienne, l’installation d’un poêle à bois est aussi soumise à des normes. En effet, la loi permet à toute personne d’installer son poêle à bois sans nécessairement recourir à un professionnel. Cependant, l’opération est encadrée et il est impératif de se conformer aux normes DTU 24.1, qui prescrivent les bonnes pratiques quant à l’installation de poêles à bois et des conduits.
Conformément à ces normes, le conduit de fumée doit atteindre une hauteur supérieure ou égale à 40 cm au-dessus de la toiture. De même, si vous utilisez un ancien conduit, comme un conduit de cheminée, il doit être ramoné et tubé sur toute la longueur. Une plaque signalétique est également exigée. Elle doit être directement placée sur le conduit ou à côté et renseigner entre autres sur la température de fumée que supporte ce dernier et la distance de sécurité entre lui et des objets inflammables.
En outre, il est interdit d’installer un poêle à bois à proximité d’un mur en plâtre ou autres matières ne résistant pas à la chaleur. Le revêtement de l’espace qui accueille le poêle doit être du carreau, une plaque en acier, en verre ou en ardoise. La moquette, les tapis, les planchers en bois, le linoléum et le PVC sont interdits.
Au cas où vous ne disposez pas de conduit chez vous et que vous devez en créer, il peut être nécessaire d’obtenir une autorisation administrative. Pour cela, rapprochez-vous des autorités de votre région pour en savoir davantage, afin de réaliser l’installation de votre poêle dans le respect des textes.
Quelques conseils pratiques pour un usage optimal du poêle à bois

Le choix du combustible
Optez pour des bois durs qui offrent une combustion plus longue et plus efficace. Vous pouvez utiliser par exemple du bois de chêne ou de hêtre. Évitez les bois résineux comme le pin. Ceux-ci produisent beaucoup de suie. De même, utilisez du bois ayant un taux d’humidité en dessous de 20 % afin de limiter la formation de crasse dans le conduit.
Vous pouvez aussi acheter des granulés de bois.
L’allumage et l’entretien du feu
Disposez les gros morceaux de bois en bas et les petits en haut pour réduire les émissions de fumée lors de l’allumage. Retirez régulièrement les cendres et nettoyez la vitre pour mieux observer les flammes.
La prévention des risques d’incendie
Pour éviter tout incendie, ne surchargez pas votre poêle à bois. Respectez la capacité maximale indiquée dans le manuel d’utilisation. De même, vous devez veiller à l’inspection régulière du conduit surtout après chaque saison, pour vous assurer qu’il n’y rien qui l’obstrue.
Note de bas de page
- Plaque de silicate de calcium : panneau rigide fabriqué à partir de silicate de calcium, un matériau composite à base de chaux et de silice, renforcé par des fibres minérales ou végétales. Ces plaques sont conçues pour résister aux fortes températures, à l’humidité, et au feu, tout en étant légères et faciles à découper. La chaux est une poudre blanche obtenue en faisant chauffer du calcaire et la silice est un minéral qui le composant principal du sable (à plus de 95 %). ↩︎

